Hamster Zébré

[Drôle de réflexion] Devenir femme… devenir Mère ?

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Devenir Femme, devenir Mère

« Quoi ? T’as 29 ans et t’as pas d’enfant ? T’as un copain au moins ? »

Je suis stagiaire dans un salon de thé. Léa, 14 ans, y fait son stage en entreprise de 4e. Elle roule des petits chocolats dans des papiers, et je suis au service. Entre deux client, elle apprend que j’ai 29 ans. Et que je n’ai pas encore d’enfant…

Je me prend en pleine face mon âge associé à un jugement de valeur spontané et violent, on peut le dire, de mon statut familial. A 29 ans, il faut être mariée et avoir des enfants. Au moins un quoi ! Parce qu’évidement, c’est la réalisation ultime de toutes les femmes, la maternité.

J’ai répondu « comme quoi, ce n’est pas une finalité dans la vie ». Je n’avais pas le temps d’argumenter plus avant. Mais tandis que je bosse et que donc je ne peux pas lui faire ravaler sa langue, à cette gamine malpolie, je pense à mon amie qui a eu du mal à concevoir avec son compagnon. A celle qui a eu des complications à la grossesse, qui a manqué d’y passer. A celle qui a une endométriose, et qui n’en aura probablement jamais. J’ai pensé à cette fille, connue il y a plus de 10 ans, qui est née sans utérus et sans vagin. A l’homosexuelle qui pourrait, dans certaines conditions, mais bon… à celle qui tout simplement, n’en désire pas.

J’ai élargi mon spectre à toutes celles qui le sont devenues par accident, ou même à celles qui ont fait le choix de devenir mère et qui potentiellement, dans le secret de leur coeur, le regrettent.

Ont-elles raté leur vie ?

Sont-elles moins des Femmes ?

L’Archétype de la Mère est-il réservé à celles qui ont accouché d’un enfant de chair ? Toutes celles qui ont accouché d’un enfant de chair sont-elles Mères ?

Bref, plein de questions dans ma petite tête qui pédale plus vite que moi, auxquelles Léa n’a pas encore pensé une seconde, toute pétrie de ses certitudes adolescentes (j’avoue qu’à son âge, moi aussi je pensais que je serai mère à 25 ans. C’est le modèle que j’avais eu… mais j’avoue aussi n’avoir jamais balancé mes certitudes à la gueule d’une inconnue… ‘fin bon ce n’est pas la question).

Je réfléchis à mon positionnement de femme depuis de nombreuses années et je suis loin d’avoir fait le tour de la question, mais je trouve cette exclamation spontanée parfaite pour introduire toutes mes conclusions actuelles sur le sujet.

La mère, apothéose sociale de la Femme ?

Franchement, tu ne la trouves pas flippante en plus cette poupée ?

Franchement, tu ne la trouves pas flippante en plus cette poupée ?

Entre les « Barbie a des jumeaux » et les premiers poupons, les fillettes sont encouragées dès la naissance à devenir génitrices. « Un jour, ma fille, toi aussi tu auras des enfants ». Avant cela, tu seras devenue « Femme » non pas parce que biologiquement et psychologiquement, tu évolues, mais parce que ton époux te donnera accès à ce titre.

A croire que l’avènement de l’identité féminine se trouve uniquement dans l’Autre, que cet autre soit un époux ou un enfant.

D’ailleurs, la Fête des Mères (instaurée par Pétain, on l’oublie trop souvent) est sensée célébrer la Femme dans sa réalisation (tsais, originellement dans l’optique Travail Famille Patrie). Voilà. Donc les femmes qui ont engendré ont droit à leur fête annuelle, les autres peuvent aller se gratter. Le paradoxe, c’est qu’une femme devenue mère se voit à la fois célébrée et à la fois sévèrement bizutée par les femmes de sa famille, bien plus souvent qu’on ne le croit. La croix et la bannière pour accéder à un statut prétenduement plus important, qui donne plus de valeur à ta vie de représentant du sexe féminin. Un jour une amie s’est vue poursuivie et insultée dans le métro par une nenette qui prétendait qu’elle avait bousculé son bébé… tu comprends, elle était devenue tellement plus importante que mon amie, avec son bébé ! J’ai aussi entendu dans les sphères païennes »tu comprends, moi je suis à l’image de la Déesse Mère parce que j’ai mis des enfants au monde » (genre et les autres, elles sont moins mieux que l’élue qui a eu la chance de pouvoir utiliser son utérus à des fins de reproduction… les stériles, elles peuvent aller se faire voir). Et l’ironie, c’est qu’en plus il arrive de se voir refuser le sacro-saint statut par les membres de sa propre famille (qui refusent de vieillir ? Qui refusent de perdre leur propre pouvoir et de se voir relégué au statut vachement moins glorieux de « grand’mère » ?)

Et toi, si tu as le malheur de ne pas te sentir concernée par la venue au monde d’un enfant qui n’est pas le tien, tu passes pour une Thénardière. « Bah quoi, t’es pas contente pour eux ? »… c’est à dire que je ne comprends véritablement pas pourquoi je devrais « être contente » pour les autres. C’est à eux d’être content pour eux ! Après, c’est toujours plus agréable de voir les gens heureux, de se réjouir avec eux, mais pour eux… non, ce n’est définitivement pas mon rôle… et puis est-ce que ça me concerne vraiment ? Elle vient d’où cette nécessité de s’approprier le bonheur ou le malheur des autres ? J’ai l’air de jouer sur les mots, mais il y a une vraie incompréhension entre le monde et moi à ce sujet… mais là encore, ça pourrait être un sujet à part entière.

Je risque de passer pour une féministo-aigrie, je le sens bien… Alors je vais éclaircir la question pour couper l’herbe sous le pied des trolls qui trouveront de toute manière de quoi interpréter mon propos avec mauvaise foi s’ils en ont vraiment envie. Je ne considère pas que la valeur d’une personne se juge à sa vie familiale. Je connais trop de femmes merveilleuses avec ou sans enfants, avec ou sans époux/copain pour que ça soit un critère valable. C’est comme si tu disais « ce mec, il a une Rolex avant 50 ans il a réussi sa vie »… Tu vois où je veux en venir.

En revanche, oui, ça continue de me révolter. Parce que le jugement des autres sur ce genre de critère, c’est révoltant. Et parce que certaines femmes n’ont pas les outils pour se construire autrement que par ces critères. C’est important de dire à toutes les femmes qu’elles existent par elles-même, et que leur statut d’être humain suffit à leur donner de la valeur. Du coup, messieurs, ça vaut pour vous aussi. Adaptez le discours à ce qui vous semble correct (maison, entreprise, vie de famille, paternité, flingue, voiture, taille de la b***…). Ça mériterait presque un article à soi-seul, cette question de la valeur de l’humain.

Je finirai en l’avouant, ça m’a demandé du temps pour dépasser cette pression de la maternité, et la colère de ne pas être, moi aussi, célébrée. Parce que la « Fête des Mères », si l’on ne dépasse pas a définition biologique, il y a une quantité de femmes qui sont laissées sur le banc de touche. Heureusement, on peut dépasser la définition biologique.

Être Mère sans être mère

La majuscule a son importance. Ici, je différencie l’archétype (au sens Jungien du terme) de la fameuse définition biologique.

Une mère, c’est une femme qui met des enfants au monde.

Une Mère, c’est un être humain (puisqu’on est au niveau de l’archétype, on peut se permettre de parler à tous les genres) qui met des réalisations au monde. Qui manifeste ses intentions, ses rêves, ses projets dans le monde réel, matériel. Et qui prend soin des êtres et projets qu’elle a mis au monde. Qui prend la responsabilité de ce qu’il (l’être humain) a créé.  Et avant même la question de la création, déjà la responsabilité de ses choix, de ses actes, de sa vie en somme. J’ai vu des mères ne pas être Mères. En prenant du recul par rapport aux jugement de valeurs potentiels, une femme qui met un enfant au monde sans en prendre la responsabilité (ou un projet, sans en prendre la responsabilité), dans la définition que je propose, est mère mais pas Mère… tu vois ce que je veux dire ?

L’axe de définition ne concerne plus une habilité physiologique accordée sur un « hasard » de la nature mais une état d’être. Passer de l’Enfant à la Mère, c’est passer du stade « je rêve en grand » au stade « je réalise mes rêves, je les amène à exister dans le monde matériel ». C’est du moins ainsi que je l’ai compris. Bien entendu, ça ne se fait pas du jour au lendemain cette affaire. Et bien entendu, la Mère ne cesse d’être Enfant. C’est un passage à l’étape suivante en somme.

De cette manière, mère ou pas, épouse ou pas, je suis Mère. Je ne me définis plus que par moi-même, et pas par l’Autre (l’enfant, l’époux ou la structure sociale à laquelle j’appartiens et qui définis des critères qui peuvent ne pas me correspondre).

Conclure…

En l’état actuel, je n’ai pas mis au monde des enfants de chair. Procréer fait partie de ma machinerie biologique et ce serait idiot de nier que mon statut d’animal humain ainsi que mon identité personnelle me pousse à la transmission et à la perpétuation de l’espèce, donc je l’assume, j’ai le désir de donner la vie. Mais ce n’est plus une nécessité psychanalytique pour faire de moi une femme accomplie. Je n’ai plus besoin de donner la vie à un enfant de chair pour me sentir exister. Je me réalise, en revanche, dans tous mes autres projets. Je suis déjà Mère. Je me suis auto-déclarée Mère. Je revendique ce droit et ce statut, par rapport à une évolution interne personnelle et non plus par le spectre d’une reconnaissance par l’Autre. Et je ne me contente pas de l’accession à cet archétype pour me sentir pleinement réalisée. Il n’est jamais qu’une facette de la Femme que je suis.

Je décide de qui je suis, de ce que je suis, et de ce qui me caractérise, et je reconnais ma valeur de Femme au delà de toutes les contingences dont je ne suis pas l’unique mesure.

Et toi ?

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Auteur : Camille Serres

Célébrante, consultante, animatrice, j'encourage chacun à exprimer son originalité parce que je suis convaincue que c'est le meilleur moyen d'aller vers un monde plus heureux pour tous !

29 réflexions sur “[Drôle de réflexion] Devenir femme… devenir Mère ?

  1. Les réactions sont exactement les mêmes pour les hommes qui ne sont pas pères à 30 ans. Le problème n’est pas « tu n’es pas une vraie femme tant que tu n’as pas d’enfant » mais « tu n’es pas un vrai adulte tant que tu n’as pas d’enfant (que tu sois homme ou femme) »

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    • Oui c’est ce que je pensais.
      Vous les hommes vous avez genre un rab de deux ou trois ans avant qu’on vous tombe dessus, mais c’est kif kif sans doute. J’avais l’impression que c’était moins tranché comme réactions, mais comme je ne suis pas un homme, je ne le vis pas donc je manque d’infos et c’est pour ça que je demande 🙂
      Penses-tu qu’on puisse mettre cela en lien avec le fait que la cellule familiale est au cœur de la structure sociale, avec dans la notre la figure du père en tête de proue ? Et que donc peut-être, la confrontation à un autre schéma fragilise l’ensemble, confronte au débat sur le changement du modèle social ?
      Et aussi, le fait de devenir adulte relève de la question des prises de responsabilité peut-être, tel que j’en parle justement au cours de l’article. Je suis assez d’accord avec le pont « adulte/responsabilité ». Mais du coup, pas avec « responsabilité/enfant ». Toujours pareil. Faire des enfants et les assumer, s’en rendre responsable, ce sont deux choses différentes. Pas besoin d’enfant pour être responsable (de sa vie, de ses projets, de ses animaux…) et malheureusement, tous les parents ne se responsabilisent pas sur leurs enfants (ou alors ont une conception de la responsabilité qui m’échappe). Tu mets en relief un amalgame qui est devenu une norme 🙂

      PS : ce n’est pas moi qui invente la cellule familiale comme au cœur de la structure sociale, je l’ai lu dans plusieurs bouquins d’archéologie/civilisations anciennes, qui évoquent cette structure depuis l’antiquité et qui dit qu’on en est encore héritier. Le reste relève d’un véritable questionnement, mes hamsters ont trouvé deux câbles, ils se demandent s’ils correspondent 😀

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      • J’ai vu il y a très longtemps (tellement que je ne saurais donner la moindre référence, j’en suis désolé) un reportage sur une tribu dirigée par le conseil des anciens. Ce conseil était exclusivement composé des membres de la tribu étant… grand-parents. Le seul critère pour être admis au conseil n’était pas l’âge, le sexe, la popularité, la compétence ou l’expérience : pour eux, on a la sagesse nécessaire quand on a un petit-enfant, qu’importe que tu aies 26 ans ou 60.
        Ca semble surprenant, mais le critère est exactement le même dans notre société : tu ne deviens pas adulte quand tu finis ta puberté, quand tu as acquis le sens des responsabilités ou quand tu gagnes ta vie tout seul mais quand tu deviens parent : tu passes alors de la génération des enfants à la génération des adultes, qu’importe que tu aies 26 ans ou 60.
        Quant à savoir pourquoi on met la pression reproductrice plus tôt sur les femmes que sur les hommes, je pense qu’il faut replacer ça dans un contexte plus global : les femmes commencent leur puberté plus jeune que les hommes, ont EN MOYENNE des relations sexuelles plus jeunes que les hommes, se marient plus jeunes que les hommes, ont un premier enfant plus jeunes que les hommes (ce sont des faits statistiques)… Une femme sans enfant sort de la norme sociale plus jeune qu’un homme sans enfant par ce que les femmes font tout plus jeunes que les hommes. La figure du père ou la cellule familiale n’ont pas vraiment d’influence dans ce cas je pense.

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      • A Balanzone
        Il y a aussi peut-être un autre facteur qui intervient dans cette différence entre les hommes et les femmes (à mon sens), c’est que les femmes ont une « date de péremption », alors que les hommes peuvent se reproduire à tout âge.

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      • Erin, il m’est déjà arrivé de parler avec une femme de la pression que peut mettre la ménopause sur une fille qui veut avoir des enfants. J’ai eu droit à un magnifique et très sérieux « De toute façon tu es un homme, tu ne peux pas comprendre ».
        Comme c’est « l’argument » que je me reprendrai chaque fois que la femme en face de moi ne sera pas d’accord, j’évite depuis le sujet.

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      • Ok. C’est sûr qu’on ne peut savoir ce que vit l’autre, ça n’empêche pas d’essayer de comprendre. Donc je peux comprendre qu’on ne veuille pas discuter de ce sujet 🙂

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      • Que j’aime les arguments d’autorité 😀 Et merci pour ton apport dans la conversation, et la réponse apportée à mon questionnement 🙂

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  2. Je vais rebondir sur ton « Et toi ? » final et d’un point de vue masculin pour l’occasion. Parce que c’est aujourd’hui même que j’ai été confronté à de mêmes questions, sans me laisser un léger sourire en coin pour ma part.
    On m’a d’abord demandé si j’étais marié…Mes mains vierges de tout anneau pouvait le confirmer en silence…Puis on m’a demandé si j’étais célibataire…Question à laquelle j’eus répondu par l’affirmative…Puis si j’avais des enfants…Réponse pour le coup, négative. Mon interlocuteur n’a pas pu masquer une certaine moue, en faisant mine d’acquiescer à mes réponses. Bon, il n’a pas pu se retenir à balancer un « mais bon quand même… ».

    Ce qui m’a fait presque rire, et finir par un peu m’offusquer par l’humour, lorsqu’il se prit à faire certaines allusions du genre « ouais mais pour une nuit… » (chose aux antipodes de ma propre personnalité), comme si, dans un sens, le fait que je ne sois pas « casé » selon ce qui semblait pour cette personne une forme de norme sociale à laquelle il aurait été normal que je me conformasse (joli non ?) devait mécaniquement indiqué que je n’étais pas quelqu’un de sérieux ou je ne sais pas quoi d’autre sur ces plans là.

    Comme quoi…Cela ne concerne pas que les femmes, quand il est assez étonnant de devoir presque s’affirmer si directement sur qui l’on est, nos choix, et parfois des choses qui ne dépendent pas de nous (j’ai pas forcément choisi délibérément d’être célibataire), au travers d’une forme de « normalité » sur ces questions.

    Bref, comme on dit dans ces cas là, la seule chose est de laisser pisser…

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    • Je lis aussi un jugement en connexion avec le fait qu’en tant qu’homme, il faut que tu aies des relations sexuelles régulièrement manifestement 😀 (« ouais mais pour une nuit ») 😀 On n’est plus tellement sur la paternité, mais dans la réflexion globale sur la norme sociale de ce qui fait l’identité (masculine ou féminine), on est en plein dedans 🙂

      Laisser pisser, oui. Dans le sens de ne pas s’énerver. C’est clair que ça ne sert à rien. Ça ne m’empêche pas de m’interroger (ça fait partie de ma nature de m’interroger et de profiter de toute occasion pour approfondir ma réflexion) et de faire partager mes réflexions. Si on laisse pisser sans partager, il n’y a aucune chance que le message « voilà ce que ça génère comme réflexion chez moi, mais et vous, qu’en pensez-vous » se diffuse 🙂 Si on a le temps et l’énergie, on peut même discuter avec les personnes concernées (je pense que ça l’a poussée à une réflexion au moins superficielle, la gamine par exemple, rien que par le fait d’être confrontée à autre chose que son schéma habituel). Ca ne m’empêche pas non plus de m’indigner et de me révolter. La résignation ne fait pas vraiment partie de mon caractère 😀

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  3. (Il est tard, et je suis un peu crevée, désolée si mon commentaire est un peu décousu.)

    Réaction à chaud : merci pour cet article qui fait un bien fou !
    A quinze ans, la stagiaire a encore le temps d’ouvrir les yeux. Pour un adulte qui te sors ça, c’est plus ennuyeux…

    *Attention racontage de vie*
    En tout cas, à son âge je n’envisageais pas non plus ma vie sans enfants. Et puis j’ai rencontré mon homme, qui m’a dit dès le départ qu’il n’en voulait pas. Ça a tout remis en question, et j’ai réalisé que la vie qu’avoir un mari, des gosses et une maison, ce n’était pas ce que je souhaitais vraiment. En fait, il s’agissait de quelque chose qu’on m’avait APPRIS à désirer. Dès l’enfance, on nous met dans les mains des poupées en forme de bébé. Et durant des années, j’ai eu droit à la question : « combien tu voudrais d’enfants plus tard ? » (Zéro étant une réponse à laquelle je n’aurais même jamais pensé…)

    Et après, il y en a qui disent que le féminisme ça sert à rien…

    Fin bref, en ce moment, je suis en pleine période d’interrogation sur le sens de ma vie, car je cherche ce qui me permettrait de « m’accomplir ». Ce ne sera pas le « mariage-enfant-maison », et ça ne sera probablement pas le travail non plus. De fait, j’aime beaucoup ta définition de la Mère. C’est un point de vue que je n’avais pas envisagé et qui est très intéressant.

    P-S : Mon homme te fait savoir que lui aussi adore ton article 🙂

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    • Merci pour ton partage, et merci à ton homme pour sa réaction et sa lecture 😀
      Un jour il faudra que je me penche sur la question de la réalisation personnelle… mais ça relève du « bonheur » et la notion, en milliers d’années d’histoire de l’humanité, n’a encore jamais été réglée : je peux apporter ma contribution au débat, mais je doute d’apporter une réponse 😀
      Je crois que ces questions nous renvoie à celle de la réussite : à quel moment on réussi sa vie ? qu’est-ce que ça veut dire pour nous ? 🙂 Qu’est-ce qui relève d’un conditionnement qui ne m’appartient pas, et qu’est-ce qui relève d’un conditionnement qui m’appartient ? Bref, c’est vaste, et riche 😀

      Merci encore pour ton témoignage précieux !

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  4. Ton article m’a fortement interpellée, du coup, comme je sentais que j’écrivais un roman, ça a fini en article sur mon blog. Ici : http://elleboria.eklablog.com/non-je-n-aime-pas-les-enfants-a109167062

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  5. J’ai l’impression d’entendre quelqu’un que je connais très bien. ^.^
    Il y a quelque chose qui m’a chiffonnée dans cet article. Tu soulèves ce qui est un des comportements sexistes les plus répandus en France, ce qui me semble louable et très juste de faire. Puis tu précises que tu n’es pas féministe aigrie.
    C’est sans doute sans le vouloir que tu agis ainsi, mais ca participe à l’image caricaturale des féministes.
    D’abord être féministe n’est ni une tare ni une insulte. Ensuite elles et ils ne sont pas toutes et tous aigries.
    Et enfin, si on les dénigraient moins peut-être que moins de femmes et d’hommes se prendraient dans la figure quu’ils ne correspondent pas à des modèles sociaux et moraux officieux.

    Je tenais simplement à souligner la presque contradiction dans ton article (adopter et défendre une idée féministe à savoir le droit à la liberté de disposer de son corps et la considération des individus pour ce qu’ils sont et non par leur fonctions biologique d’un côté; et préciser que tu n’es pas féministe ensuite. Sachant que finalement tu pouvais aussi penser ce que tu penses sans préciser ou aborder ce sujet.)

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    • Il ne s’agit pas d’une contradiction mais d’une réflexion désagréable que l’on m’a déjà faite. En effet, l’amalgame entre féminisme et aigreur est trop souvent fait.
      Je suis féministe, je ne suis pas « féministe aigrie » 🙂 Est-ce que ça te parait plus clair comme ça ? Je comprends que ça ne paraisse pas clair dans mon propos, mais si j’ai mis les deux accolés ensembles c’est parce que je les traite ensemble. J’aurais dû spécifier que « féministe tout court » existe aussi dans mon vocabulaire sans avoir la portée négative de « féministe aigrie » et que ce jugement de « féministe aigrie » n’est justement pas le mien mais relève d’une réflexion reçue par ailleurs à d’autres moments (en utilisant des guillemets par exemple) 🙂

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  6. En 1993, j’avais 20 ans, on m’a dit avec grande insistance « T’es pas encore rencontré quelqu’un ? » Pur avoir la paix, j’ai pris la première personne venue, et j’ai composé avec. En 1995 : « T’es pas encore mariée ? » Je me suis mariée.
    En 1997 : « T’as pas d’enfant ?????????? » Putain, vous commencez tous à me faire chier. J’ai fait une môme.
    Résultat, mariage catastrophique, divorce douloureux, guerrier, procédurier, une gamine déchirée, malheureuse, sous traitement psy avec laquelle je n’ai plus aucune relation depuis 7 ans. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai conçu de force, par obligation, un enfant que je n’aime pas. Et j’assume.
    La pression sociale est une saloperie et je regrette amèrement de ne pouvoir retourner en arrière pour coller mon point dans la gueule à ceux et celles (ma mère notamment) qui m’ont expliqué comment il fallait faire pour avoir une vie réussie (je précise que ma mère avait une vie réussie : mari adultère, alcoolique, incestueux et pédophile), une maison, un chien et 2 gosses. Aujourd’hui : mari mort de l’alcoolisme, maniacodépressive, anorexique, avec multiples passages en hôpital psychiatrique.
    Donc la vie réussie, c’est une vision. Et seulement une vision.
    Aujourd’hui, je vis avec une femme, je suis déaniste (au lieu d’être catho comme tout le monde :-p ) Je ne vois plus ma mère, ni ma fille, je travaille et vis dans la forêt (pas un lieu pour une fille ça….). Et j’emmerde le monde.
    Surtout que la vie « rêvée » d’une femme consiste surtout à se soumettre à son mari et servir de réceptacle à sa descendance (enfin selon moi). Je Une, je suis Libre, je suis Heureuse, je suis la Déesse. Et je créé tout le temps (4 entreprises dans ma vie, et encore plein de projets), je materne des tas de choses dans ma vie. En cela, moi aussi je suis une mère.
    Boudiou, il m’a mise en forme ton article !
    Donc : TU AS RAISON

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    • Je suis ravie que tu aies pu partager ton expérience de vie si riche, même si douloureuse, et avec autant de sincérité.
      J’ai de la compassion pour tes douleurs, et de l’admiration pour ta force de caractère 🙂
      Je le savais déjà, mais je prend la pleine mesure du pont entre cette réflexion sur la maternité, et une réflexion plus globale que j’ai sur la notion de réussite. Ce sera l’occasion d’un autre article 🙂

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  7. Bonjour, je suis désolé de voir avec qu’elle violence tu as reçu les remarques de cette adolescente. elle n’avait pas à t’infliger un jugement, mais pourquoi cela t’atteinds autant ? Tes choix de vie ne devraient pas être ébranlés si facilement, puisque assumer, Non? Je fais partie de ces femmes qui se sont métamorphosées à la naissance de leurs enfants (je ne me suis pas changée en marie ingals, ni fusionner avec mes chérubins). Je n’avais pas conscience de l’abnégation de soi, ni du niveau d’épanouissement personnel que demande l’éducation d’enfants. Je suis moi mais avec deux coeurs et des yeux pleins d’amour qui me suivent dans cette belle aventure qu’est la vie. Et oui j’assume ces derniers mots: on ne peux pas comprendre le bonheur d’être mère et ce que cela procure,avant de l’avoir expérimenté. Et rien ne peux l’égaler!

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    • Tu t’épanouis pleinement en tant que mère et Mère, et c’est parfait 🙂 Mais c’est ton parcours et ton chemin : il t’appartient, il n’a rien d’absolu (pas plus que mon propre chemin, ni celui de qui que ce soit d’autre).
      Tu trouves un bonheur inégalé dans le fait d’être mère/Mère, mais d’autres ici ont commenté et éprouvent une expériences complètement différente, voire aux antipodes, tout en ayant fait l’expérience de la maternité. Tout est là. Ce qui me révolte, c’est le jugement en lui-même (juger sans savoir, ça peut être terriblement destructeur,et je n’ai pas besoin d’avoir été détruite par ça moi-même pour en prendre la mesure) et la généralisation d’un schéma comme seule potentialité pour arriver à la réalisation personnelle. Pas le sujet sur lequel il juge.
      Je suis à l’aise avec mes choix de vie, mes aspirations et mes désirs mais aussi avec le fonctionnement de mon cerveau qui fait feu de tout bois pour nourrir sa réflexion et ses points de vue sur la vie. Mon message, c’est que chacun a le droit de choisir son chemin, ses voies d’épanouissement, même si elles ne sont pas conformes aux « normes ». Mais enfin, c’est quelque chose que j’ai déjà évoqué par ailleurs (dans d’autres articles). Je ne vais pas répéter encore et encore 🙂 Mon second message, c’est que la valeur d’un être humain ne se mesure pas à sa capacité à engendrer (ou à son nombre de bras, ou à la couleur de sa peau, ou que sais-je). Ça ne remet pas en cause le fait que ceux qui choisissent de devenir parents puissent y trouver un bonheur inégalable. Je n’en fais juste pas une généralité.
      Je te remercie pour ta contribution qui amène un regard encore différent de tous ceux qui ont été déjà abordés, ce qui le rend précieux !

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  8. A cet âge-là, avoir 25 ans, c’est déjà être vieux. Ce n’est pas tant les réflexions d’une adolescente qui sont choquantes, que celles de nos pairs ! « La mère, apothéose sociale de la Femme ? », tout le monde tend vers cette équation, malheureusement. Je suis d’accord avec toi, la réalisation de ses projets, quels qu’ils soient, amène à être Mère. Je suis dans l’objectif actuel d’être en paix avec moi-même. De « me » réaliser ; alors j’ai l’impression de toujours prendre de plein fouet la question stupide de la reproduction, étape obligatoire pour être adulte et forcément, exister. C’est d’autant plus difficile d’essayer d’en discuter quand la personne en face de soi n’est tout simplement pas ouverte à la discussion.

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    • Dans ce cas là, Jacques Salomé nous donne un outil fabuleux : « c’est ton jugement, il t’appartient » . PAs de discussion possible ? okay, tant pis et dommage, mais au moins, tu ne te sapes pas le moral 😀
      Quant à la jeune fille, je crois que ce qui m’a le plus choqué c’est que cette réflexion est le fruit d’un schéma de pensée proposé par un contexte. A 14 ans, on peut réfléchir, on n’est pas stupide, mais on commence à peine à remettre tous les schémas reçus en question. Donc oui, c’est bien la même chose que toi qui m’a choqué, à travers les propos entendus dans sa bouche.

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  9. Merci pour ta réponse, et navrée si tu croules sous les commentaires à vérifier, le site semble réticent ^^

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  10. Ces mères qui regrettent d’avoir eu des enfants ! Une revue de presse instructive : http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/ces-meres-qui-regrettent-d-avoir-eu-des-enfants-7774042715
    C’est pile d’aujourd’hui. D’actualité !

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    • Parfait 🙂 merci pour les deux liens ! Ca prouve une fois de plus que ce n’est pas une réalisation pour tout le monde, même si on peut y trouver sa réalisation 🙂

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  11. Voici l’article direct : http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/31/etre-mere-regretter-suis-fait-enfant-dos-254480
    Les commentaires sont délicieux, surtout celui des mecs… Je me retiens, mais j’ai envie d’en tarter certains…

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  12. « Avant cela, tu seras devenue « Femme » non pas parce que biologiquement et psychologiquement, tu évolues, mais parce que ton époux te donnera accès à ce titre. »

    Ton article me parle beaucoup, et en particulier cette phrase, qui est malheureusement – douloureusement – vraie. C’est pénible de ne pas être considérée comme un humain à part entière, selon les interlocuteurs. Heureusement, les consciences se modifient, mais on sent toujours cette tourbe sous-jacente, cette croyance profonde qui plane vaguement sur nos têtes.

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  13. Toute cette logorrhée pour une question sur son âge?
    Cette personne a vraiment un petit problème si le seul fait de lui demander son âge déclenche pareille réaction.

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